Normes et labels : vers un IT toujours plus responsable

L’évolution rapide des technologies, la raréfaction de certaines matières, la pollution engendrée par la fabrication, l’utilisation des produits. Autant de préoccupations qui entrent en ligne de compte dans le choix d’achat des consommateurs. Grâce aux labels, aux normes européennes, un cadre de référence s’établit.

Les labels ont pour but d’évaluer une, ou le plus souvent, plusieurs catégories de produits sur des critères d’éco-conception et d’utilisation. Ceux-ci sont régulièrement actualisés et ont acquis au fil des années une grande notoriété auprès aussi bien des consommateurs que des entreprises.

Par exemple, le Label « Electronic Product Environmental Assessment Tool » (EPEAT), a récemment ajouté à sa base de données les tablettes, ajout essentiel si l’on tient compte des 245 millions de tablettes qui se sont écoulées dans le monde en 2014 d’après l’International Data Corporation (IDC). Cet éco-label qui permet au consommateur d’évaluer l’effet d’un produit informatique sur l’environnement, évalue déjà les ordinateurs portables, fixe, all-in-one, ainsi que les systèmes d’impressions et les téléphones.

Le label EPEAT est mondialement reconnu et son impact est important, puisqu’il sert de référent pour certaines offres publiques, on se rappelle d’ APPLE qui avait décidé de sortir tous ses produits du label EPEAT avant de faire machine arrière devant les protestations d’organismes privés et publics.

Autre label mondialement reconnu, le label allemand BLUE ANGEL a lui aussi apporté des modifications à sa notation. Ce dernier est attribué à des produits qualifiés comme fiables tout en ayant une démarche de réduction des effets négatifs de la production, de l’utilisation et de la fin de vie de leurs produits sur l’environnement. BLUE ANGEL qui depuis Janvier 2013 propose sa nouvelle version, la RAL-UZ 171, dans laquelle on peut trouver l’introduction de la valeur de contrôle des particules fines et ultrafines, le perfectionnement en matière de calcul du bilan énergétique, la modification du seuil du mode veille et la réduction des valeurs limites de consommation énergétique. Active depuis 2013, l’ancienne version restait néanmoins disponible. La transition définitive s’est faite en début d’année 2014.

La révision du label BLUE ANGEL a des conséquences sur les produits labéllisés avant 2013 qui ont pu se voir retirer la certification. Ces mises à jour demandent un engagement permanent des fabricants pour conserver la certification. En effet, la certification pose un certain nombre de contraintes aux constructeurs IT qui doivent accepter de partager un grand nombre de renseignements sur leurs produits.

Récemment Hyundai IBT s’est, par exemple, vu retirer la certification du label TCO pour un modèle d’écran d’ordinateur. L’annulation s’est faite avec l’accord de la marque Hyundai. En effet, le modèle en question, le P227D, avait obtenu la certification TCO en Octobre 2013. Un « délai de grâce » de 12 mois avait été accordé au constructeur afin de prouver la conformité de son appareil. HYUNDAI n’ayant pas soumis dans ce délai des preuves de conformité, son modèle s’est vu retiré la certification, ce qui peut nuire en termes d’image à la marque. Ainsi, TCO précise que les personnes ayant récemment acquis ce produit peuvent contacter le fournisseur afin d’obtenir un produit certifié TCO en échange.

Les labels ont un impact grandissant sur les modes de consommation des acheteurs qui prêtent de plus en plus d’intérêt à l’éco-conception des produits IT qu’ils achètent. Outre les labels, il existe également des normes qui permettent aux consommateurs d’être informés sur les équipements qu’ils souhaitent acquérir.

Au niveau européen, les étiquettes énergétiques mises en place depuis maintenant plus de 20 ans sont un cadre de référence en termes d’achat. Ce sont des fiches destinées aux consommateurs qui résument les caractéristiques et performances énergétiques d’un produit. La notation s’effectue de A à G selon les catégories de produit.

Pour le consommateur, le choix d’un produit moins énergivore est associé aux économies qui peuvent être réalisées. Il est vrai qu’en France, depuis quelques années les consommateurs font face à une hausse du coût de l’énergie. D’après le ministère de l’Ecologie, cette hausse est prévue par le gouvernement sur une période de 18 mois à hauteur de 1,50 euros par mois, soit une haute totale de 27 euros. Une tendance qui tendra à se poursuivre par la suite.

Or les étiquettes énergétiques existent depuis déjà longtemps et un constat est établi, ces dernières n’ont pas réussi à suivre les sérieuses évolutions du marché. Prenons un exemple, les étiquettes énergétiques pour un réfrigérateur sont référencées de A+++ à D, or en réalité les catégories B, C ou D n’existent plus. La qualité d’un réfrigérant A est en réalité est la catégorie la moins efficace. L’Union Européenne s’est donc fixée comme objectif pour l’année 2015 de remettre à jour les étiquettes énergétiques qui ont un rôle important à jouer.

Les labels et réglementations obligent les constructeurs IT à faire des efforts dans l’éco-conception de leur produit et encouragent d’éventuelles innovations. Pour ce, ils se doivent d’être cohérent vis-à-vis de l’évolution rapide des technologies dans le secteur de l’IT.

Sources :
©http://www.igen.fr/tags/epeat
©http://fr.viadeo.com/fr/groups/detaildiscussion/?containerId=00229mfvuabp1mgo&forumId=0021pw7zs9odfs38&action=messageDetail&messageId=0021wzk9afnd3dyd
©http://tcodevelopment.com/news/tco-certified-certificate-cancellation-hyundai-ibt/
©http://www.consoglobe.com/etiquette-energetique-cg
©http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140705trib000838564/la-hausse-du-prix-de-l-electricite-se-fera-sur-18-mois-annonce-segolene-royal.html