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Open source vs. Logiciel propriétaires : la hache de guerre est-elle enterrée entre Microsoft et Linux ?

Qualifié de « cancer » par Steve Ballmer, ancien CEO de Microsoft, l’open source fait l’objet d’une attention particulière de la part de la sphère high-tech. Les grandes entreprises que sont Microsoft, IBM ou Oracle, ont intégré les enjeux stratégiques d’un écosystème libre et ouvert à tous. Ont-elles fini par se convaincre que l’open source est la voie à suivre ? Enquête.

Relation houleuse entre logiciels propriétaires et open source

Le logiciel propriétaire est détenu par un organisme ne diffusant pas le code source du logiciel, qui de fait ne peut être modifié. À l’inverse, le logiciel open source dont le code est ouvert à tous, peut être optimisé et des versions personnalisées peuvent être crées. Dans la culture populaire, l’opposition entre open source et logiciel propriétaire est caractérisée par Microsoft et son système d’exploitation propriétaire Windows, contre Linux et son système d’exploitation ouvert Ubuntu. Ouverture qui a permis à de multiples distributions d’être créées par des communautés de développeurs. Il est ainsi possible de trouver une version du système correspondant à son besoin.

« 55% des développeurs en exercice dans le monde sont des contributeurs actifs dans des projets open source » Source : DigitalOcean

La frontière entre ces deux types de logiciel s’amoindrit au profit d’une collaboration. Depuis son accession à la tête de Microsoft en 2014, Satya Nadella  change le modèle interne en vue de le rendre plus flexible face à des concurrents tels que Google et Apple. Parmi les mesures prises, une stratégie de rapprochement avec l’open source.

Opération séduction d’entreprises contre de l’open source

Microsoft multiplie les signes de rapprochement. Cette année, la société a offert 60 000 brevets à la fondation Open Invention Network (OIN), dont la plateforme met à disposition des brevets défendant Linux et le monde du logiciel libre auprès des développeurs et des entreprises. Microsoft a d’ailleurs fait appel à l’écosystème de cette dernière pour la sécurisation des objets connectés reliés à son service Azure Sphere. C’est un système d’exploitation sur-mesure qui se joint aux règles de sécurité prises par la firme de Redmond.

Crédit photo : Microsoft

Dernière preuve d’un rapprochement, le rachat de GitHub par Microsoft en mai dernier, pour 7,5 milliards de dollars, montre que la prise de conscience de l’intérêt de l’open source est prégnante auprès des géants de l’IT. GitHub est un service d’hébergement et de gestion de projets permettant aux entreprises et aux développeurs de partager et stocker le code qu’ils créent. Très utilisé à travers le monde, la fondation Linux a applaudi le rachat, montrant que la rivalité entre ces deux mondes n’est plus réellement d’actualité. Cela dit, de nombreux développeurs ont reçu amèrement la nouvelle. Certainement la crainte de voir le service perdre son caractère libre. Seul le temps nous le dira !

Open source et enjeux stratégiques des entreprises high-tech

Microsoft n’est pas la seule entreprise à tendre les bras vers l’open source. En parallèle du rachat de GitHub, fin octobre, IBM a acquis Red Hat pour 34 milliards de dollars. Cette entreprise édite le logiciel libre Red Hat Entreprise Linux, un système d’exploitation destiné aux entreprises dont la maintenance et la gestion se font par abonnement. Cette distribution est l’une des plus populaires de Linux.

Outre ces rachats, l’imbrication des entreprises avec Linux prouve son rôle vital dans leurs activités. Les serveurs de Facebook, ou d’Amazon, et le cœur du système d’exploitation Android de Google ne seraient rien sans l’accessibilité du noyau Linux permettant de construire les infrastructures.

Du rang d’alternative geek marginale, Linux est devenu une solution numérique à part entière, mise à notre disposition, sans que nous nous en rendions forcément compte ! Voyons d’un bon œil le rapprochement d’entreprises éditrices de logiciels propriétaires avec la sphère open source. De nouveaux process innovants pourraient en surgir !

Aymeric De Wispelaere

Crédit photo : Shutterstock