Performance = obsolescence programmée ?

Une étude réalisée par le cabinet J. Gold Associates préconise le remplacement plus fréquent des ordinateurs.

Dans le cadre actuel, la plupart des entreprises sont amenées à remplacer leurs ordinateurs lorsque le coût de maintenance de ces derniers devient supérieur au coût de remplacement, ce qui revient à changer les appareils en moyenne tous les 4 ans.

Récemment, le cabinet J Gold Associates réalise quant à lui, une étude dans laquelle il conseille aux entreprises de réduire le cycle de renouvellement de leurs ordinateurs, passant alors de 4 ans en moyenne à 2 ans. En effet, le cabinet explique que le retour sur investissement peut être considérable en effectuant des mises à jour plus fréquentes.

Explications de la part du cabinet « étant donné les progrès rapides de la technologie des composants, le coût moindre des nouveaux appareils par rapport au coût de recrutement de personnes qualifiées, ainsi le potentiel de gains de productivité, nous recommandons la mise en place d’un cycle de renouvellement de deux ans. Le retour sur investissement est substantiel, tandis que l’effort de renouvellement peut être amorti en quelques semaines pour la plupart des poste où la qualification est importante ». Cette étude s’applique aux ordinateurs mais les principaux avantages concernent les appareils mobiles, domaine ciblé de bon nombre d’entreprise.

Cependant, seule la vision économique et technique est prise en compte dans l’étude du cabinet J. Gold Associates. Les aspects environnementaux sont totalement négligés.

En effet, le cycle de vie d’un produit connaît trois grandes phases qui doivent être prises en compte. Dans un premier temps, la phase d’acquisition du produit qui prend en compte ses frais de fabrication, de distribution, suivie de la phase d’utilisation du produit (consommation d’énergie, assurances, maintenance) et enfin la phase de fin de vie du produit (recyclage, destruction). Du point de vue environnemental, l’étude du cabinet J Gold Associates ne prend en considération qu’une seule phase : celle de l’utilisation.

Aussi rien de tel que l’exemple du smartphone pour comprendre le déséquilibre d’une telle décision. Selon le Guide pour un système d’information écoresponsable (WWF – France), la fabrication d’un smartphone « représente 79% de toute l’énergie consommée sur l’ensemble de son cycle de vie, contre seulement 19% pour la phase d’utilisation ». En effet, l’extraction de la matière, sa transformation, sa distribution sont des étapes énergivores. On peut également ajouter qu’elles impactent les ressources telles que l’eau ou les terres rares, parfois non-renouvelables, et qu’elles influent sur des populations entières, travaillant au sein des usines ou victimes des conflits de matières premières et ressources.

Cette étude illustre ainsi la tendance générale de nos sociétés occidentales à l’accélération des fréquences de renouvellement de ses équipements, occasionnant de ce fait leur obsolescence programmée. Le matériel est peut être ainsi amorti économiquement parlant, mais il est loin de l’être du point de vue environnemental.

Néanmoins, le fait de renouveler ses équipements tous les deux ans n’est pas fatalement négatif pour l’environnement. Après cette première utilisation, les équipements peuvent être revendus pour être réutilisés par une seconde entreprise aux exigences technologiques moindres ou encore donner à une association. Leur fin de vie matérielle arrivée, ils pourront être recyclés et détruit par les éco-organismes, contribuant ainsi à la fabrication des équipements de demain.

Sources :
©http://itcenterconnect.intel.com/fr
©http://www.commentcamarche.net/faq/36338-cinq-pratiques-eco-responsables-dans-l-entreprise-green-it
©http://www.wwf.fr/vous_informer/rapports_pdf_a_telecharger/entreprises/?1180/guide-systme-information-eco-responsable
©http://www.greenit.fr/article/outils/livre-le-developpement-informatique-durable