Prix Pinocchio : Apple épinglé

Alors que le greenwashing devient une pratique courante des entreprises, l’association « Les Amis de la Terre » propose de faire le point sur certaines des campagnes subversives et abusives de sociétés implantées en France.

L’association « Les Amis de la Terre », en partenariat avec le CRID (Centre de Recherche et d’Information pour le Développement) et Peuples Solidaires, proposera le 19 novembre 2013 sa 6ème édition des « Prix Pinocchio ». Ces prix permettent de pointer du doigt, via un vote en ligne, les entreprises implantées en France ayant un impact non négligeable sur l’environnement et sur la société alors que, paradoxalement, elles utilisent des campagnes basées sur leur implication dans le développement durable pour vendre et améliorer leur image. Le palmarès est divisé en 3 catégories :  » Une pour tout, tous pour moi « , « Plus vert que vert », « Mains sales, poches pleines ».

Apple, désigné comme le mauvais élève

Apple est le seul membre du secteur IT nominé cette année dans la catégorie « Mains sales, poches pleines ». Cette nomination fait suite au récent scandale des mines d’étain sur l’île Bangka en Indonésie.
En effet, alors que Samsung, Philips, Nokia, Sony, BlackBerry, Motorola et LG reconnaissent leur responsabilité dans ce désastre écologique et social, et s’engagent à tenter de mieux contrôler leur chaîne d’approvisionnement, Apple continue de passer sous silence la provenance de l’étain contenu dans ses Iphones.
Bien que l’entreprise tend, à travers son rapport RSE et ses campagnes publicitaires, à afficher une politique plus engagée, l’affaire vient à nouveau entacher l’image de la marque.

Les faits cités sont pourtant probants :
 » Près de la moitié des approvisionnements mondiaux d’étain sont utilisés par le secteur de l’électronique pour faire des soudures, et 30 % de l’étain produit dans le monde vient d’Indonésie. La forte demande en métaux portée par l’engouement pour les produits high-tech favorise le développement d’exploitations illégales. L’exploitation minière sur l’île Bangka est responsable de la destruction de 65 % des forêts et plus de 70 % des récifs coralliens de l’île, ainsi que de la mort d’une soixante de mineurs en 2012. De plus, quinze rivières sont aujourd’hui contaminées par les déchets miniers et l’accès à l’eau potable est devenu un problème pour plus de la moitié de la population.

Les mines de Bangka ne sont pas un cas isolé. Pendant des années, l’exploitation du coltan, un des 40 métaux contenus dans nos téléphones, a en partie financé la guerre civile en République démocratique du Congo.

La faiblesse des taux de collecte et de recyclage de nos anciens appareils, la course à l’innovation, la démultiplication des produits à l’extrême (smartphone, phablet, tablette), tout comme la courte durée de vie des biens, poussent les constructeurs à prélever toujours de nouvelles ressources, et à fermer les yeux sur les conditions sociales et environnementales de leur extraction. »

Ce scandale souligne ainsi une part d’ombre d’un secteur qui essaye bien souvent de se racheter une conduite en s’engageant dans le Green IT.

Source : © http://www.prix-pinocchio.org/nomines.php