Samsung : lauréat d’un Prix Pinocchio 2014 !

La firme sud-coréenne a remporté la première place peu glorieuse de la catégorie du Prix Pinocchio 2014, « Mains sales, poches pleines ». Retour sur les raisons d’un tel résultat.

Shell, GDF-Suez et Samsung. Trois grandes entreprises mondiales bien connues du grand public qui partagent maintenant un point commun plutôt négatif : elles sont chacune lauréates d’une catégorie des prix Pinocchio 2014 décernés le 18 novembre dernier. En effet, ce palmarès créé par l’association française, Les Amis de la Terre, décerne depuis sept années consécutives, ses Prix à des entreprises peu vertueuses sur des critères environnementaux et/ou sociaux.

Le procédé est on ne peut plus simple, l’association a ouvert le 9 octobre dernier et jusqu’à la semaine dernière le vote sur son site internet. Au final, ce sont 61 000 personnes qui ont joué le jeu en votant dans chaque catégorie pour une entreprise sur les trois proposées. D’après Les Amis de la Terre, le nombre de votants a d’ailleurs atteint un record cette année, ce qui appuie selon eux « l’indignation croissante des citoyens face aux graves impacts sociaux et environnementaux des activités de multinationales ».

Pour l’année 2014, ce sont donc Shell, GDF-Suez et Samsung qui ont chacun largement remporté leur palme respective. Le premier dans la catégorie « Un pour tous, tous pour moi » avec 43% des votes pour sa politique résolument agressive en termes d’ « appropriation, de surexploitation et de destruction des ressources naturelles ». Le second, avec 41% des suffrages dans la catégorie « Plus vert que vert » pour sa « campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles » (plus précisément les obligations « vertes » émises dans le courant de l’année).

Mais focalisons nous sur le troisième : Samsung, lauréat avec 40% des votes dans la catégorie « Mains sales, poches pleines ». Cette dernière dénonce « la politique la plus opaque au niveau financier (corruption, évasion fiscale, etc.), en termes de lobbying, ou dans sa chaîne d’approvisionnement ». Pour Samsung c’est plus précisément ce dernier point qui est concerné avec des conditions jugées indignes dans les usines chinoises qui fabriquent ses produits.

Aparté rapide, pour se donner une idée de ce que « conditions indignes » peut bien signifier, un coup d’œil à l’article Les dessous de la fabrication de nos smartphones sera une très bonne illustration.

Revenons à Samsung. En juillet 2014, l’ONG China Labour Watch a publié un rapport prouvant ces conditions : salaires de misère, travail des enfants et heures de travail excessives (jusqu’à 16h par jour). Situation gênante pour la firme d’autant plus que son rapport développement durable de 2014 garantissait avoir vérifiée les conditions de travail chez ses fournisseurs et n’avoir observé aucun « cas de travail d’enfants ». Depuis, elle fait l’objet d’une plainte en France pour « tromperie commerciale » vis-à-vis de cette calamiteuse communication relative à sa responsabilité sociétale.

Régulièrement épinglée pour des violations des droits du travail, Samsung n’a pas souhaité réagir suite aux résultats du vote. Une chose est sûre, la société est dans le collimateur de pas mal de monde, ONG et associations en tête !

Sources :
© http://www.terraeco.net/Pour-qui-le-bonnet-d-ane-des-prix,57399
© http://www.prix-pinocchio.org/
© http://www.actu-environnement.com/ae/news/laureats-prix-pinocchio-2014-sont-shell-gdfsuez-samsung-23265.php4
© http://www.novethic.fr/gouvernance-dentreprise/entreprises-controversees/isr-rse/shell-gdf-suez-et-samsung-remportent-les-prix-pinocchio-2014-142907.html