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SEDD 2016 : #2 L’intégration des pratiques du développement durable au sein des entreprises : où en sommes-nous ?

Le rôle des entreprises IT se trouve principalement en amont de l’acte d’achat dans la réduction des impacts du cycle de vie du produit dès sa conception. La réussite d’une démarche responsable dépend alors de l’investissement de l’entreprise. A l’occasion de la Semaine Européenne du Développement Durable, l’équipe EcoGuide vous propose de faire le point sur les engagements des entreprises IT, qu’ils concernent les volets économiques, environnementaux ou sociaux.

Le développement durable naît de la cohésion entre ces trois grandes notions. Il est donc important de créer du lien entre les différents enjeux qui ne peuvent être traités séparément.

trigramme Développement durable

Crédit photo : GreenFlex 

Les enjeux économiques 

Le volet économique n’est pas le premier à venir à l’esprit lorsque l’on souhaite parler des initiatives responsables. Pourtant, s’investir dans une démarche de développement durable demande à l’entreprise des investissements, parfois conséquents, que toutes ne sont pas encore prêtes à fournir. A l’inverse leur prise en compte des enjeux environnementaux et énergétiques d’un projet ou d’un produit peut amener à réduire son coût global. Une raison de plus de mettre en avant les bénéfices obtenus par certaines d’entre elles !

Concernant le produit par exemple, afin de parvenir à réduire son impact et réaliser des économies, il est important pour l’entreprise de connaître le coût de la gestion de son cycle de vie matière.

Pour le calculer, il est nécessaire de prendre en compte le coût de traitement du déchet que deviendra le produit mais également en amont le coût d’achat des matières premières nécessaires à sa conception et leur stockage. On obtient ainsi un coût total « matière » du produit offrant plus de visibilité à l’entreprise dans les actions à mettre en place pour réduire ses coûts.

Ainsi, par la mise en place d’une politique de recyclage et de réutilisation des matières récupérées, l’entreprise peut parvenir à réduire ses coûts d’achat de matières premières, or ces derniers peuvent s’avérer conséquents selon la disponibilité du matériau. Apple, par exemple, est parvenu à récupérer une tonne d’or pouvant être réutilisée dans la production de nouveaux devices de la marque, tout en réduisant ses achats en or, grâce à sa politique de recyclage de ses équipements. D’autres ressources ont également été récupérées telles que l’aluminium ou l’argent, que la firme de Cupertino recycle également.

Le recyclage et la récupération de matières apportent ainsi un double bénéfice à l’entreprise, ils permettent de réduire ses coûts en plus d’impacter positivement l’Environnement, en préservant les ressources disponibles en quantités limitées ainsi qu’en limitant l’impact de l’homme sur la nature (création de mine, etc.) et les pollutions associées.

Les enjeux environnementaux 

Abordons maintenant la question des initiatives responsables réalisées par le secteur IT afin de réduire l’impact environnemental de leur activité.

À savoir que l’impact environnemental d’un produit high-tech est représenté à 80% par sa phase de fabrication.

La fabrication d’un équipement IT demande de nombreuses ressources telles que l’eau, l’électricité mais aussi des matières premières comme le tantale, le tungstène, l’or ou l’argent, etc. Des matières premières qui passent par un processus d’extraction coûteux d’un point de vue environnemental. L’extraction nécessite en effet une grande quantité d’énergie pour la transformation des matières provoquant des rejets de substances nocives pour l’Homme et l’Environnement.

Pour en savoir un peu plus sur les initiatives des entreprises du secteur IT, tour d’horizon de quelques rapports de « Responsabilité Sociétale des Entreprises » (RSE) de marques du secteur.

Dans le dernier rapport RSE de HP on apprend ainsi que les phases d’extraction, de fabrication, de transport et d’utilisation de ses produits représentent 95% de son empreinte carbone.  La firme de Palo Alto a donc choisi de retravailler sa notion de conception du produit afin de proposer des produits conçus pour l’environnement en réduisant son impact carbone.

La marque met l’accent sur quatre grands axes :

  • L’efficacité énergétique de ses produits
  • Des matériaux innovants : moins de matières, un recyclage plus important (…)
  • Les services proposés avec ses équipements IT
  • Les options de fin de vie pour ses produits

Pour illustrer la démarche de HP, prenons l’exemple de l’évolution de l’utilisation de matières premières pour la fabrication de ses systèmes d’impression. Entre 2013 et 2014, HP a réduit de 19% la part de plastique dans ses systèmes d’impression.

HP rapport RSE

Crédit photo : Rapport RSE 2015 HP 

Autre initiative, cette fois-ci chez Apple, qui investit largement dans les énergies renouvelables afin de limiter l’impact de son activité sur l’environnement. Dans ce cas, il ne s’agit pas des dépenses énergétiques réalisées sur l’extraction ou la fabrication de ses équipements mais de la gestion de l’énergie dans ses bureaux et datacenters. La firme de Cupertino est parvenue à réduire la consommation d’eau de ses employés (schéma ci-dessous) ou encore de ses systèmes de refroidissements pour datacenters capables désormais de réutiliser l’eau jusqu’à 35 fois !

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Crédit photo : Rapport d’évolution 2016 Apple 

Mettre en place une politique de réduction de ces impacts environnementaux concerne l’ensemble de l’activité de l’entreprise, qu’il s’agisse comme vu dans ces deux cas d’agir sur le produit en lui-même ou bien sur la gestion de l’entreprise. Une vision globale que doivent adopter les constructeurs !

Les enjeux sociaux 

Les employés, les fournisseurs et partenaires commerciaux forment à eux tous l’identité de l’entreprise. Pour autant, force est de constater que cette notion n’est pas ancrée sur l’ensemble du secteur IT. En effet, des scandales éclatent et dévoilent une facette bien moins reluisante de nos équipements high-tech ! Des scandales comme ceux concernant le travail des enfants dans les usines. En effet, d’après un rapport publié par Amnesty international en début d’année, « de grandes marques de l’électronique, comme Apple, Samsung ou Sony, n’effectuent pas les contrôles élémentaires afin de vérifier que la fabrication de leurs produits n’intègre pas de cobalt extrait dans les mines par des enfants. » Bien que les marques s’engagent, les enjeux sociaux sont encore mal perçus par les entreprises IT.

Toutefois, il ne faut pas négliger les constructeurs qui s’impliquent afin de les réduire. Pour n’en citer que quelques-uns, focus sur les rapports RSE de Canon et Samsung !

Dans son dernier rapport RSE, Samsung indique avoir créé des « conseils du travail » présents sur les sites de la marque afin d’instaurer un dialogue visant à améliorer les conditions de travail des employés (salaires, temps de travail, etc.). De plus, l’entreprise coréenne qui concentre un grand nombre de fournisseurs leur impose son code de conduite reprenant des critères que les fournisseurs doivent remplir pour travailler avec Samsung, des critères traitant notamment des aspects relatifs aux conditions de travail.

Concernant le constructeur Canon, la démarche est encore plus avancée. Dans son dernier rapport RSE, il a été reconnu au classement Gold d’EcoVadis comme un des meilleurs fournisseurs responsables par la mise en place de chartes éthiques et codes de conduite permettant de choisir au mieux ses partenaires commerciaux.

Des engagements écrits et signés par les constructeurs et leurs partenaires représentant une première étape dans la responsabilisation des acteurs. Les entreprises IT mettent également en place des moyens de contrôles (audits) qui restent néanmoins insuffisants pour lutter efficacement contre les mauvaises pratiques, comme le montre le rapport d’Amnesty International. Retenons l’engagement encourageant de ces marques qui doivent néanmoins poursuivre leur démarche pour s’assurer de leur pertinence à long terme.

Pour en connaître plus sur la RSE des différents constructeurs , retrouvez l’analyse complète des constructeurs IT sur l’EcoGuide IT à la rubrique RSE constructeurs.

En réponse aux enjeux qui touchent l’high-tech, les constructeurs IT développent chacun des piliers du développement durable (Économique, Écologique, Social). Les données chiffrées, les engagements pris et leur évolution sont certains. La communication réalisée par la plupart des marques IT est donc encourageante, leur volonté de transparence indique une évolution des mentalités et un désir de mieux faire bien que le chemin soit encore long. À suivre !

Crédit photo : http://kristian.bjornard.com/work/print/think-green.html