TCO intensifie ses restrictions concernant les substances

Le label TCO met à jour ses critères pour sa nouvelle version en intensifiant ses restrictions concernant les substances nocives. Son nouveau cheval de bataille les retardateurs de flammes non halogénés.

TCO met à jour ses critères tous les 3 ans afin d’être au plus proche des problématiques et évolutions rencontrées par le secteur de l’IT. En effet, qu’il s’agisse d’études sur les substances, de nouveaux matériaux ou encore d’innovations technologiques, les constructeurs IT sont confrontés à des changements constants.
Grâce aux labels comme TCO, aux réglementations entrant en vigueur mais aussi aux parties prenantes influentes, les entreprises IT entreprennent ces changements qu’ils soient voulus ou subis. Ces derniers sont bien souvent les signes d’une amélioration constante en faveur de technologies durables et respectueuses de l’environnement, du social et de la santé !

Nous avions déjà parlé dans l’EcoGuide IT ( ici ) de cette volonté du label d’aller plus loin dans l’analyse des substances toxiques contenues dans le produit.

Dans un article récemment publié sur le site, TCO rapporte sa nouvelle approche des substances dangereuses ainsi que la place qu’elles tiendront dans la nouvelle version TCO new generation, ciblant plus particulièrement les retardateurs de flamme non-halogénés. En effet, ces derniers venus en remplacement des halogénés sont aujourd’hui, pour tout ou partie, remis en cause pour leur nocivité.

De quoi perdre les entreprises mais aussi les consommateurs …
Pour rappel, les retardateurs de flamme halogénés sont un mélange de substances chimiques qui sont ensuite incorporées aux produits et notamment aux équipements IT dans le but de les rendre moins inflammables ou du moins de ralentir leur combustion. Les retardateurs de flamme halogénés ont rapidement été déclarés dangereux en raison des émanations de gaz toxiques (le monoxyde de carbone ou le cyanure d’hydrogène) qu’ils dégagent lors de la combustion.

Leurs effets sur l’environnement et la faune sont également reconnus nocifs, certains sont notamment suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Leur présence dans les produits IT est moins fréquente mais elle persiste néanmoins chez certains ! C’est pour cette raison, l’un des aspects sur lequel les labels comme TCO, EPEAT, BLUE ANGEL basent leur notation afin d’inciter les constructeurs à les éliminer.

Afin de résoudre cette problématique, ont été créés en remplacement, les retardateurs de flamme non halogénés. Ces substances promues à la Commission Electrochimique Internationale (CEI) sont définies « sans halogène » en se basant sur leurs niveaux respectifs de chlore et de brome. Les seuils sont de 900 ppm maximum de chlore et de brome avec au total 1500 ppm d’halogènes dans le produit au total. Moins dangereuses certes mais pas sans impact.

Pour sa nouvelle version, TCO souhaite ainsi tenir compte des substances non halogénées et prône une meilleure information sur ces dernières, afin de pouvoir envisager rapidement une alternative à celle-ci. Le label rappelle « le besoin urgent d’une meilleure information sur ces substances de remplacement et de veiller à ce que les additifs utilisés ne comportent pas d’autres risques ».

À noter que toutes les substances non halogénées seront prises en compte et que le label entend les différencier selon leur nocivité. Pour ce faire, TCO propose son outil GreenScreen qui a pour but de fournir une approche structurée des différentes substances, avec une analyse de leurs impacts sur la santé et l’environnement. De cette manière, l’outil offre la possibilité à l’industrie IT d’identifier les substances dangereuses et de les remplacer.

TCO souhaite inclure ce projet dans sa notation de façon à ce que les produits qui contiennent des substances au-delà de l’indice de référence du GreenScreen (indice GreenScreen 2) ne puissent être labellisés TCO.
Ce dernier incite également les fabricants, constructeurs entre autres, à fournir les informations sur les substances chimiques contenues dans leur produit. Pour cela, lorsqu’un nombre de données manquantes est trop importants, les entreprises sont « déclassées » à un rang d’indice inférieur.

En soulevant la question de la nocivité des retardateurs de flamme non halogénés et en intégrant cet aspect dans sa notation, TCO prend les devants. Il est encourageant de constater l’engagement fort du label pour des produits responsables.

La dernière version du TCO new generation est en phase de test, elle sera disponible dans le courant du mois. Les informations sur les nouveaux critères sont néanmoins d’ores et déjà disponibles ici .

Sources :
© http://www.ipc.org/ContentPage.aspx?pageid=IEC-Definition-of-Halogen-Free
© http://www.ipc.org/ContentPage.aspx?pageid=Halogen-Free-and-Brominated-Flame-Retardants
© http://tcodevelopment.com/news/a-new-approach-to-the-phase-out-of-hazardous-substances/
© http://tcodevelopment.com/new-generation-tco-certified/#criteria