Un peu de chaleur numérique pour réchauffer nos intérieurs

Le Q.rad, un radiateur puissant, novateur et défiant toute concurrence

La mutualisation des moyens devient un concept phare dans la plupart des secteurs. L’idée générale qui s’en dégage est simple puisqu’il s’agit d’allier les savoirs-faire ou les moyens des uns aux besoins des autres pour que les différentes entités puissent par la suite dégager économies et profits.

C’est en surfant sur cette vague que la start up française Qarnot computing a lancé l’année dernière les premiers radiateurs numériques « Q.rad ». Cette nouvelle technologie consiste à utiliser la chaleur générée par les processeurs lors des calculs pour chauffer un logement. Ces processeurs, plus connus pour être présents dans nos ordinateurs, activent ici le réchauffement du radiateur en servant d’interface pour effectuer différentes opérations pour l’industrie ou la recherche. Pour régler son appareil l’utilisateur dispose ainsi d’un thermostat traditionnel lui permettant de déterminer la température idéale de la pièce. La puissance de calcul du Q.rad s’adapte ensuite à celle-ci.

On peut alors s’interroger sur le montant de la facture d’électricité de ce radiateur d’une puissance équivalente à quatre ordinateurs. Or il s’agit là de l’une des questions les plus intéressantes du concept, surtout pour son détenteur. En effet, chaque machine intègre un compteur d’électricité qui permettra d’évaluer sa consommation électrique, consommation qui sera par la suite entièrement remboursée aux occupants. Le chauffage est ainsi gratuit pour les locataires.

Il est difficile alors de concevoir comment les inventeurs du Q.Rad s’y prennent pour rentabiliser leur appareil. La solution réside dans l’outil même, les radiateurs sont des substituts de datacenters et leur espace de stockage est vendu à des entreprises, des particuliers ou des centres de recherche, pour un prix bien inférieur à celui des datacenters classiques, rendant ainsi le concept rentable.

Mais l’atout d’un tel concept est également écologique : « notre système gaspille cinq fois moins d’énergie pour le même résultat », affirme Paul Benoît ingénieur chez Qarnot computing. Il faut savoir que « L’économie numérique consomme déjà 8 % de l’électricité française et le calcul intensif 2 % à lui seul […] Ces chiffres sont en constante progression. L’énergie utilisée par les processeurs de calcul est entièrement convertie en chaleur, par effet Joule. Il faut évacuer cette dernière pour maintenir l’intégrité des installations informatiques. Aujourd’hui, près de la moitié de la consommation électrique des datacenters reste utilisée pour le refroidissement ! »
Il s’agit donc ici de revaloriser la chaleur dégagée par les serveurs tout en créant une source d’énergie pour les locataires.

Le seul problème rencontré avec le Q.rad vient avec les beaux jours puisque les radiateurs continueront alors de chauffer. Il faudra donc trouver des utilisations appropriées. Ce bémol pourrait soulever certaines réticences du fait de la dépense énergétique engendrée par de tels appareils pendant ces périodes mais le fait est que ce type de serveurs consommerait tout de même moins qu’un datacenter pour un temps équivalent.

Cette innovation a déjà séduit de nombreuses personnes et est appliquée dans plusieurs sites en Ile de France dont l’école d’ingénieurs Télécom Paris Tech ainsi que les HLM de Paris. L’idée de Qarnot Computing est de déployer un véritable parc pour « démocratiser la puissance de calcul pour les PMEs et les centres de recherche tout en réutilisant intelligemment la chaleur dégagée ».

Une innovation plus qu’intéressante qui illustre bien les progrès du Green IT. Nous suivrons donc de près l’avancée de cette technologie en espérant voir se démocratiser ce type de pratique.

Sources :
© http://www.qarnot-computing.com/technology
© http://www.apc-paris.com/