Une matinée 100% technologies vertes

L’Alliance Green IT (AGIT) a animé jeudi dernier à Paris, une conférence sur la révolution digitale et la conscience environnementale. Un bon moyen pour que les professionnels de tout secteur s’expriment sur leurs engagements Green IT dans le cadre de leur activité. Focus sur ce que notre équipe EcoGuide a découvert et appris sur place !

C’est une conférence composée de professionnels de domaines variés que nous a proposée la semaine dernière l’ AGIT ! Avec pour thème « Révolution digitale et conscience environnementale : mariage heureux ou divorce amiable ? », l’association a offert à l’assistance un panorama d’actions diverses et variées en faveur du Green IT. Chacun des intervenants a présenté la démarche appliquée à son activité professionnelle ainsi que les enjeux, méthodes et retombées de cette implication.

Mais avant toute chose, qu’est-ce que l’Alliance Green IT ?
L’AGIT est une association de loi 1901 qui regroupe les acteurs engagés pour une informatique responsable. Composée d’une trentaine de membres, on y retrouve des structures telles qu’Interxion, fournisseur de datacenters de colocation neutres, Green Code Lab, association promouvant le développement de l’éco-conception des logiciels et des sites web ou bien Ecologic, éco-organisme œuvrant dans la gestion des Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques (DEEE) pour ne citer qu’eux (liste complète : ici ). Comme présenté lors de la première partie de la conférence par Tristan Labaume et Thierry Rudowski, respectivement président et trésorier de l’association, l’AGIT a pour principaux objectifs la fédération des acteurs du Green IT, la sensibilisation des entreprises à cette thématique à travers des formations et la promotion des innovations technologiques.

L’action de l’AGIT s’inscrit dans une problématique de société. L’utilisation des nouvelles technologies dans la vie quotidienne s’intensifie, caractérisée par l’arrivée des « Digital Natives », jeune génération née avec les smartphones. Parallèlement l’impact de l’IT sur l’environnement se veut de plus en plus fort avec déjà 2% des émissions mondiales de CO2 provenant du secteur du numérique (à part égale, donc, avec l’aviation civile !).

De nombreux acteurs étaient présents à cette conférence. Cette diversité des intervenants a notamment permis d’avoir des retours d’expérience d’intégration du Green IT au sein de secteurs professionnels relativement variés. Nous avons ainsi pu bénéficier du retour d’expérience de France Télévision, de la mairie de Bordeaux, d’Interxion (dont nous avons parlé plus tôt), de Telehouse, prestataire international de datacenter pour l’hébergement neutre d’infrastructures informatiques et de la Direction Interarmées des Réseaux d’Infrastructures et des Systèmes d’Informations (DIRISI).
Etant l’un des sujets principaux relatifs au Green IT, la consommation énergétique était un enjeu pris en compte par la plupart des intervenants. Cédric Chaubaron, Responsable du pôle informatique de la mairie de Bordeaux, a ainsi présenté le projet de pilotage énergétique des postes de travail de la mairie bordelaise. A ce jour testé dans la Cité municipale, bâtiment regroupant de nombreux services propre à la mairie, ce pilotage consiste à baisser la consommation du parc informatique. Celle-ci s’effectue grâce à la mise en place d’un système de gestion permettant la mise en veille automatique des postes travail et l’extinction également automatique des écrans. Les résultats sont là ! Suite à ce test, la réduction de la consommation énergétique du parc informatique a atteint les 40% et permis des gains financiers atteignant 14€ par an par poste (sachant que 850 postes sont concernés).

Interxion et Telehouse furent deux autres intervenants à traiter le sujet de la consommation énergétique au sein de leur stratégie Green IT. Ces deux exploitants de datacenters sont, en effet, pleinement concernés par cette problématique dans le cadre de leur activité, comme nous pouvons souvent le constater au travers de différents articles publiés dans l’EcoGuide IT (cf. le dernier en date pour ne citer que lui : ici ). Interxion a ainsi mis en place une équipe engineering travaillant sur la conception, la rénovation et la modernisation constante de ses infrastructures, soit les salles de serveurs. Par le biais du free-cooling, de couloir thermique ( cold corridor ) ou de la mise à jour des logiciels CRAC ( Computer Room Air Conditionning ), l’entreprise a obtenu des certifications pertinentes telles que les ISO 14001 et 50001, preuves de son implication durable. Quant à Telehouse, une analyse de l’existant lui a permis d’étudier les principaux impacts environnementaux de ses datacenters. Le verdict : 50% de ces derniers concernent la consommation énergétique et 30% la fabrication de commutateurs (ou switches ). L’entreprise a donc fait le choix de se focaliser sur ces deux points en optimisant le Power Usage Effectiveness (PUE) et en employant des techniques de refroidissement moins énergivores telles que les couloirs thermiques (comme pour Interxion). La firme a également mis en place une démarche d’écoconception certifiée AFAQ écoconception. Résultat : l’empreinte environnementale de Telehouse a baissé de 30% et la consommation électrique de ses Virtual Machine de 50%.

La prise en compte d’autres phases impactantes du cycle de vie des produits IT a également été traitée et illustrée. La DIRISI et France Télévision ont ainsi présenté leur gestion des déchets. Pour le premier via la collecte et le retraitement grâce à l’éco-organisme Ecologic et pour le second via la réduction des consommables papiers des systèmes d’impression.

France Télévision a de la même manière apporté un retour d’expérience intéressant dans la mesure où il ne s’agissait pas de Green IT mais bien d’IT for Green. Le secteur d’activité, la production de film, n’opère pas dans les nouvelles technologies, ou du moins n’en fait pas son cœur de métier, mais il y les emploie afin de responsabiliser ses process et mettre en place sa stratégie RSE. Via trois actions, que sont la dématérialisation des scénarios papiers sur les lieux de tournage, l’utilisation d’une plateforme de partage de vidéos et l’utilisation d’une base de données pour la mutualisation des décors, des efforts significatifs ont été produits pour réduire les émissions de déchets papier ainsi que l’impact carbone des transports.

A l’inverse de nombreuses conférences sur le sujet, présentant le Green IT de manière certes pertinente mais néanmoins théorique, cette conférence de l’AGIT nous a dépeint des applications concrètes du concept via les retours d’expérience d’acteurs divers.

Elle publiera prochainement dans le même esprit, son baromètre des pratiques Green IT des entreprises. Une étude à paraître qu’il sera intéressant d’étudier afin de se donner une idée plus précise, à l’échelle nationale, de la prise en compte du développement durable via le prisme de l’IT.

L’association est en perpétuelle recherche de membres dans le but d’échanger sur le Green IT et de partager des retours d’expérience. Pour plus de renseignement, rendez-vous sur son site : http://alliancegreenit.org/agit/

Sources :
© http://alliancegreenit.org/agit/