Une puce électronique biodégradable, une nouveauté Green IT !

Après des innovations visant à améliorer la capacité de nos appareils, par exemple leur durabilité grâce à des systèmes de batteries innovantes, une équipe de chercheurs s’attaque à un autre composant important de nos équipements IT, les puces électroniques. Le résultat de leur étude : une puce électronique biodégradable, retour sur cette innovation Green IT.

Le nombre de déchets électroniques croît considérablement au fil des années atteignant les 42 millions de tonnes en 2014. L’augmentation de ces déchets va aussi de pair avec l’évolution croissante du nombre d’équipements IT en tout genre qui sont mis sur le marché, allant de la tablette, au smartphone à l’ordinateur portable jusqu’aux objets connectés de plus en plus présents. Concernant la conception d’un ordinateur portable par exemple, la fabrication de chacun de ses composants a des conséquences environnementales et sociales multiples puisqu’elle nécessite l’utilisation de substances parfois nocives pour l’environnement et la santé, pouvant entraîner l’épuisement de ressources, impacter la biodiversité ou engendrer des conflits armés (cf article ).

Parmi les composants présents dans les équipements IT, la puce électronique contient en effet des matériaux non-dégradables, en grande majorité du plastique utilisé pour son support mais aussi des substances toxiques telles que l’arséniure de gallium. Ces puces électroniques font partie des milliers de déchets électroniques jetés dans la nature aux conséquences pour l’environnement désastreuses.

Partant de ce constat, l’ingénieur électronique Yei Hwan Jung de l’Université de Wisconsin-Madison et son équipe, ont travaillé sur des matériaux biodégradables afin de faire des puces électroniques un composant le plus « neutre » possible pour l’environnement. C’est avec le bois que les chercheurs ont réussi à relever ce défi ! En effet, la puce biodégradable est composée de nanofibrilles de cellulose ou CNF, matériau issu du bois. Pour obtenir ces nanofibrilles de cellulose, l’équipe de chercheurs a décomposé « le bois en ces constituants microscopiques, les fibres. » A ce niveau de décomposition de la matière, il est alors possible de produire du papier de nanofibrilles de cellulose.

Le travail de cette équipe de chercheurs permet d’envisager des alternatives durables aux composants actuellement utilisés et de permettre au marché IT de s’illustrer comme un secteur au devenir responsable. Néanmoins, l’utilisation du bois comme une réponse durable doit être envisagée avec précaution et les impacts de la solution analysés. En effet, le risque principal consiste en l’épuisement des ressources en bois aggravant la déforestation, en 2014 c’est encore 13 millions d’hectares de forêts qui ont été détruits dans le monde, selon les chiffres du site notre-planète . En attendant la commercialisation de cette puce biodégradable, on espère qu’un travail de fond sera réalisé sur ces questions afin de faire de cette technologie une vraie solution Green IT.

L’étude Yei Hwan Jung et son équipe est parue le 26 mai 2015 sous le nom « High-performance green flexible electronics based on biodegradable cellulose nanofibril paper » et est disponible ici

Source :
© http://soocurious.com/fr/puce-biodegradable-bois/
© http://www.journaldelascience.fr/technologie/articles/chercheurs-creent-puce-electronique-bois-4706