W.AFATE, une imprimante 3D à base de déchets informatiques

A Lomé (au Togo), Kodjo Afate Gnikou a mis au point un prototype d’imprimante 3D en récupérant des composants informatiques dans une décharge.

Kodjo Afate Gnikou a su démontrer à lui seul que l’impression 3D n’était pas réservée qu’aux occidentaux. Alors que chaque année, 515 tonnes de e-déchets – dont 600 000 ordinateurs – atterrissent dans les déchèteries africaines, ce togolais a créé un prototype d’imprimante 3D à partir de déchets informatiques trouvés dans les décharges.

Cette imprimante dénommée W.AFATE est inspirée du modèle Prusa Mensel qui avait été monté dans le Woelab-Lomé grâce à un kit importé de France. Le projet de base d’Afate consistait avant tout à créer une machine capable d’être construite dans la réalité et les conditions de vie des africains de cette région. L’idée de développer un appareil en kit ne suffisait donc pas. C’est pourquoi le projet a été poussé plus en loin en initiant la démarche de fabrication d’une « machine autonomisante, facile à reproduire, 100% à base de recyclage et autres matériaux disponibles partout ».

Cette machine a pour objet d’apporter des solutions à toutes les couches sociales africaines, en proposant une technologie accessible à tous grâce à une documentation détaillée et simplifiée au maximum. Comme l’explique le créateur en question : « mon rêve, c’est de donner de l’espoir aux jeunes, et de montrer que l’Afrique a toute sa place sur le marché mondial de la haute technologie. Pourquoi serions nous condamnés à être à la traine ? ».

Cette imprimante 3D serait commercialisée sous forme de kit à un prix abordable. Elle permettrait de valoriser les immenses cimetières électroniques toxiques – dus en partie aux envois massifs de matériels obsolètes par les pays occidentaux – tout en insufflant un vent d’espoir et de créativité sur la technologie made in Africa. Une façon peut être aussi d’industrialiser le processus de tri des déchets afin de lutter contre l’exploitation des populations dans les décharges à ciel ouvert. Une affaire à suivre.

Source: ©‎ wlab.weebly.com