Wave : l’expo d’un monde nouveau

Du 10 Septembre au 5 Octobre, s’est tenu à La Villette l’exposition Wave, avec pour but de promouvoir 20 projets de l’innovation collective et frugale (« jugaad »). Bilan de l’évènement.

Imaginée et produite par la BNP Paribas, l’exposition Wave s’est voulue inspirante en illustrant des projets innovants issus des quatre coins du globe. C’est au total 20 projets qui ont été sélectionnés et qui ont donc bénéficié du savoir-faire de 12 jeunes artistes, réalisateurs de l’École des Gobelins ou bien photographes professionnels entre autres.

Deux points communs à toutes ces initiatives : leur aspect numérique et leur appartenance au concept jugaad. Ce dernier, autement appelé « innovation inversée » a émergé dans les pays du Sud en voie de développement et a été décrit pour la première fois en 2009 dans un article du Harvard Business Review écrit par Vijay Govindarajan, professeur au Dartmouth College et Jeffrey R. Immelt, PDG de General Electric. Il fut ensuite popularisé dans les pays développés du Nord grâce au best-seller de Navi Radjou, consultant en innovation dans la Silicon Valley, « L’innovation jugaad : redevenons ingénieux ». Il s’agit d’un concept hindi qui peut se traduire comme étant « une solution improvisée avec ingéniosité pour répondre à un problème socio-économique pressant ».

De telles applications se retrouvent dans des initiatives déjà existantes avant l’exposition Wave, telles que le Jerry Do It Together, qui consiste à réemployer des matériaux informatiques inutilisés afin de les intégrer à un jerrican d’essence (vide !) afin d’en faire une infrastructure informatique fonctionnelle et accessible à des populations ne pouvant pas acquérir un ordinateur par faute de moyens financiers.

Dans le cadre de l’exposition Wave, des projets tels que celui de l’alliance M-Kopa/M-Pesa ont bénéficié d’un gain en visibilité. Cette dernière tente de répondre à un paradoxe qui veut que 80% de la population totale du Kenya n’a pas d’accès à l’électricité alors que 90% de celle-ci possède un téléphone portable. La solution apportée pour recharger son téléphone réside dans l’association de deux innovations complémentaires. Sans connexion internet, ni compte bancaire, ni abonnement, les utilisateurs de téléphone peuvent tout de même acheter de l’énergie solaire à l’heure et donc bénéficier du rechargement de leur téléphone à leur guise.

Pour cela, il suffit de M-Pesa, service mobile permettant de transférer et de recevoir de l’argent à partir d’un téléphone portable et M-Kopa, qui fournit un kit comprenant un panneau solaire, un boîtier de contrôle mural, des lampes et un chargeur de téléphone.

Celle solution économique permet de substituer le kérosène de groupes électrogènes par de l’énergie solaire. Ainsi, en plus de réduire la consommation de cette énergie fossile et la pollution qu’elle implique, les services de M-Pesa et M-Kopa rendent plus facile l’accès à un éclairage… et à son téléphone portable, véritable « couteau suisse » en Afrique (vérification par SMS de la légitimité d’un médicament, informations météo par le même biais pour les agriculteurs etc.).

Avec cette initiative, ce sont 19 autres innovations tout aussi intéressantes qui sont encore accessibles par le site internet de l’exposition : http://www.wave-innovation.com/l-expo.html.

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© http://www.greenit.fr/article/bonnes-pratiques/innovation-inversee-innovation-frugale-jugaad-kesako-4674
© http://www.wave-innovation.com/
© http://www.wave-innovation.com/m-kopa-m-pesa.html